Les vêtements en Nouvelle-France

LES BEAUX ATOURS (1675-1715)

1. Le peuple
2. La bourgeoisie
3. La noblesse
4. Lexique


Le peuple

En Nouvelle-France, les tissus les plus utilisés dans la confection des costumes de l’homme et de la femme de la classe populaire sont de lainages grossiers ou fins (des tissés de coton et laine).


Homme

le_peuple

Les cheveux sont portés longs et naturels, couverts d’une tuque, rouge le plus souvent, qui est un bonnet de laine tricoté. La chemise est faite de coton blanc, elle a un col et des poignets boutonnés. La culotte est faite de lainage. Elle a une braguette boutonnée et s’ajuste extérieurement aux genoux.

L’homme porte une veste à manches en lainage qui se boutonne devant; elle  a des basques* et des poches. Il porte aussi une cravatede toile fine enroulée au cou et dont les deux bouts noués descendent sur la poitrine.

Il porte des bas de laine, taillés ou tricotés, retenus par des jarretières, des souliers français de cuir, munis de talon, qui s’attachent sur le dessus par une boucle de métal. Il chausse aussi des sabots de bois.


La femme

Un bonnet piqué* couvre les cheveux et se noue sous le menton. Ce bonnet fait de toile matelassée, se porte toujours sous une coiffe (cornette*) alors que certains autres bonnets, tels les bonnets à un rang ou à deux rangs*, se portent seuls.

La femme porte un mouchoir à col (ou mouchoir de cou) de toile ou de mousseline. Sa chemise blanche, en coton, est d’encolure dégagée et à manches courtes.

Le corsage est un vêtement ajusté avec basques* et manches, qui peut être lacé devant ou derrière.

La jupe, portée sur un jupon, est longue, ample et faite de lainage. Son tablier est de grosse toile ou de lainage foncé. Pour sortir, la femme choisit  un tablier blanc.

Ses bas sont faits de laine et retenus au-dessus du genou par des jarretières. Elle porte des souliers français ou des sabots de bois.

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La bourgeoisie

Les vêtements de cette classe sociale plus fortunée sont en soie ou en velours ou taillés dans de très beaux lainages.  Les couleurs sont beaucoup plus variées que celles des habits de la classe populaire.  


L'hommela_bourgeoisie

Le port de la perruque est très en vogue, tout comme celui de la canne et des gants. Le chapeau à trois gouttières est orné de plumes. 

La chemise est blanche, de toile fine. Elle est ornée d’un jabot* et de manchettes*.

La culotte est taillée dans un tissu riche et s’arrête aux genoux. Elle est fermée et agrémentée de jolis boutons de métal. 

La veste à manches est chargée de broderies et de galons. On porte par-dessus un justaucorps* très ornementé.

La cravate, étroite et longue, faite de mousseline, se porte enroulée autour du cou et ses bouts noués descendent sur la poitrine.

Les bas sont de soie rouge ou rose. Les souliers français, à bouts carrés ont des talons hauts.

 

La femme

La coiffure est à la “ Fontange* ”.
La chemise blanche est de toile fine et ornée de dentelle à l’encolure.
Elle s’agrémente aussi d’engageantes*
La robe est ajustée à manches courtes et étroites. 
Le manteau de robe ouvert devant laisse voir la pièce d’estomac*;
le bas de la robe est relevé et épinglé à l’arrière.
La jupe est lourdement ornée de plissés et d’applications.
Les bas sont de soie et les souliers sont recouverts d’un riche tissu. 
La tenue s’agrémente parfois d’un éventail, d’une ombrelle et de gants
À l’inté­rieur ou au jardin, elle porte un tablier de dentelle.

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La noblesse

Les vêtements de la noblesse, très richement ornés, sont confectionnés dans des tissus somptueux, trop onéreux pour les autres classes qui se contentent d’imiter la coupe de leurs vêtements.


L'hommela_noblesse

La perruque, qu’on appelle in folio, est tellement monumentale que l’homme doit porter le chapeau sous le bras. 
La chemise blanche est ornée d’un jabot* et de manchettes*.

Le jabot, les manchettes et la cravate sont garnis des plus belles dentelles, en point de France ou en point de Venise.

La cravate à la “ Steinkerque ” est incomplètement nouée et ses bouts sont insérés dans la sixième boutonnière du justaucorps*.

La veste est brodée de fils d’or et d’argent. 
Le justaucorps* porté par-dessus est garni de galons et de rubans dorés.

L’homme porte une culotte taillée dans les plus belles soies brochées.

Les bas sont faits de soie. Les souliers sont recouverts de soie brochée*.

Des gants et une canne complètent sa tenue.


La femme

La coiffure est à la “ Fontange *” mais la dentelle en est agrémentée de papillons ou de guêpes faits de pierreries.

La chemise blanche de toile fine, à encolure dégagée, est garnie de dentelle tuyautée.

Les engageantes* sont garnies de dentelles en point de France ou en point de Venise.

La robe est taillée dans les plus belles soies brochées* et elle est richement rehaussée de fils d’or et d’argent.

La jupe ornée d’applications et d’effilés* est portée sur de multiples jupons.

Elle protège sa peau blanche du soleil avec une ombrelle et des gants.

Les bas sont  faits de soie. Les souliers sont recouverts de soie brochée*.

Note :  Dans toutes les classes, après six ans, les enfants sont vêtus comme les adultes et selon la classe sociale.

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Lexique

  • Basques : partie inférieure du vêtement de forme plus ou moins évasée selon la mode.
  • Bonnet à un rang ou à deux rangs : bonnet garni d’une bande de tissu, froncée ou non, entourant le visage.
  • Bonnet piqué : bonnet matelassé composé de trois morceaux, le milieu et les deux côtés. L’extérieur, en toile, est doublé de futaine (étoffe de coton d’origine orientale qui peut être unie, rayée, moirée).  Entre les deux on insère un tissu de coton; on pique le tout à point devant pour que le coton ne bouge pas.
  • Broché (aussi appelé brocart) : riche tissu de soie rehaussé de dessins en relief faits de fils d’or et d’argent.
  • Cornette : variété de coiffe dont les longs pans peuvent être relevés ou flottants.
  • Effilés :  franges de tissu qui servent à border une étoffe.
  • Engageantes : garnitures amovibles en dentelle, en forme d’entonnoir, qui ornent le bas des manches de la chemise de femme.
  • Fontange, coiffure à la :  cheveux frisés en coques sur le front, accompagnés de deux accroche-cœurs (les cruches) qui forment deux boucles en virgule collées sur le front. À l’arrière, les cheveux sont ramassés en chignon. Des boucles retombent sur le front et sur la nuque. Le bonnet couvre le chignon et de gros plis de dentelle se dressent en palissade au-dessus du front.
  • Jabot : ornement de dentelle (ou de mousseline) cousu autour de l’ouverture de la chemise et qui s’étale sur la poitrine.
  • Justaucorps : vêtement brodé couvert de galons et de rubans, cintré à la taille et qui descend jusqu’aux genoux.  Il est muni de basques, de manches à parements (revers) et de poches basses, ou hautes selon la mode. Le bas est fendu dans le dos et sur les côtés.
  • Manchettes : garnitures amovibles qui ornent les poignets de la chemise d’homme.
  • Pièce d’estomac: pièce de vêtement de forme triangulaire richement recouvert ou brodé qui sert à couvrir le laçage du corps baleiné.

Les_beaux_atours_moyenne

Crédit pour le matériel : © Commission de la Capitale Nationale du Québec – Publication Les plus beaux atours. 1675-1715.

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